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 Tout le monde a le droit à une seconde chance...

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MessageSujet: Tout le monde a le droit à une seconde chance...   Ven 20 Déc - 16:57


Tout le monde a le droit à une seconde chance...

Aidan Akh'Arbas- Lyra Belen



C’était un peu contraint qu’Aidan avait accepté de reprendre le chemin vers Brèche. En réalité, il aurait certainement préféré éviter la ville mais, il devait se rendre à l’évidence, c’était là qu’il aurait les meilleures chances de renflouer sa bourse afin de faire quelques provisions pour la suite de son voyage. Les petits villages voisins auraient pu faire l’affaire mais ils n’étaient pas tous dotés de tavernes et la plupart d’entre elles étaient vides pour la simple et bonne raison que les voyageurs s’arrêtaient plus volontiers dans la grande ville toute proche, et pour cause, on y était généralement mieux servis. Toutefois, cette réticence pour le Barde était naturelle car malgré les semaines qui avaient pu s’écouler depuis Olden, il n’avait pas oublié la façon dont ils s’étaient quittés, Lyra et lui. Il n’avait pas non plus oublié ce qu’elle avait fait avant de quitter cette salle d’eau et, à vrai dire, il lui arrivait souvent de se repasser la scène dans sa tête, sans omettre le moindre détail. Qu’est-ce qui lui était passé par la tête à ce moment-là ? Il avait essayé de comprendre toute la nuit. Plus exactement, il avait compris ou, du moins, en avait une petite idée, mais, hélas, il n’avait pu se résoudre à l’accepter. C’était quelque chose qu’il avait déjà connu et qui, malgré tout, c’était mal fini. Il aurait volontiers cru ce qu’elle lui avait dit, ne serait-ce que parce que sa présence était agréable et que l’idée de ne plus la revoir était douloureuse, mais, au fond, c’était peut-être mieux ainsi. La trahison était une chose qu’il ne pouvait plus se permettre de subir. Alors il avait quitté l’auberge aux premières lueurs du jour, convaincu que les guerriers ne quitteraient l’endroit qu’après l’aube. Sans attendre, il reprit sa route, suivant le premier chemin qui se présenta à lui. Ce monde était grand. Et même s’ils s’étaient souvent croisés, il y avait peu de chances qu’ils se retrouvent.

Cela faisait plusieurs heures que le barde marchait dans la forêt de brouillard. Brèche n’était surement plus très loin mais de toute façon il avait tout son temps. Aquilon s’était couché sur l’une de ses épaules tandis que son paquetage reposait sur l’autre, maintenu par sa hallebarde, comme toujours. Il trouvait le félin particulièrement feignant ses derniers temps mais il n’y avait pas grand-chose qu’il pouvait faire à part subir. La journée commençait à être longue puisqu’ils avaient pris la route tôt dans la matinée pour être certain d’arriver avant la nuit, ou, à défaut, juste après que celle-ci ait remplacé le jour. Songeant au fait qu’il devait éviter l’auberge où il avait rencontré Lyra la première fois, il n’entendit pas quelques bruissements suspects qui aurait pu lui mettre la puce à l’oreille, comme ils le firent avec l’Ocelot qui dressa ses oreilles au vent. C’était néanmoins beaucoup trop tard pour se rendre compte que des paires d’yeux l’observaient et, qu’à cet instant, ils avaient décidé de passer à l’action. Les cris alertèrent bien entendu le Djinn qui, cependant, n’eut pas vraiment le temps de comprendre ce qui se passait avant de voir surgir plusieurs individus armés, sans aucun doute des bandits. Néanmoins rapide, il eut le temps de laisser glisser son paquetage le long de sa hallebarde avant de pouvoir la brandir. Aquilon avait sauté à terre, légèrement en avant par rapport à son compagnon bipède. Malheureusement, à cet instant, ils étaient déjà encerclés et cela n’augurait rien de bon pour la suite des évènements. Car si le Barde savait se défendre, même face à plusieurs adversaires, il n’était pas certain de pouvoir retenir un groupe de plus d’une demi-douzaine de criminels qui lui bloquaient toute possibilité de fuite.

« Aquilon, mon ami, je crois qu’il va y avoir du vilain. Si jamais ça tourne mal, va te réfugier dans les bois, je doute qu’ils en aient après toi. » Le félin ne répondit pas mais Aidan était convaincu que ce dernier l’avait bien compris, même si, surement, il n’appréciait pas beaucoup l’idée de s’enfuir. L’Ocelot était fier, très fier, peut-être trop, mais, dans le cas présent, mieux valait qu’il ne risque pas trop sa vie, surtout que ces bandits là souhaitaient peut-être simplement toucher au contenu de sa bourse. Après quelques longs instants, un des assaillants décida enfin de passer à l’assaut, rapidement refroidi par un large mouvement de l’hallebarde du Djinn. Hélas, cela ne suffirait pas à les retenir longtemps. Car si elle permettait d’avoir une réelle allonge, ils ne seraient pas assez stupides pour l’attaquer uniquement de front, ni même un par un et, de toute façon, il finirait surement par s’épuiser bien plus vite qu’eux. Ce fut d’ailleurs ce qui arriva plus ou moins, malgré l’aide du félin, les bandits s’endurcirent un peu, voyant leur adversaire faiblir et finir par porter des coups qui firent mouche. Un lame mordit d’abord son avant-bras, lui arrachant un grognement, avant qu’une autre ne profite de sa baisse d’attention pour le toucher au mollet, lui faisant poser genou à terre. Epuisé, il n’avait plus la force de faire réellement face, aussi, d’un regard à son compagnon, il lui fit signe de partir. Ce dernier sembla hésiter mais devant l’insistance du Barde finit par déguerpir entre les jambes d’un malfrat, un peu avant qu’une violente douleur ne vienne saisir l’arrière de son crâne et qu’il ne sombre dans la noirceur de l’inconscience, embrassant sans douceur la terre humide.

Il se réveilla finalement, avec un violent mal de crâne. Un mauvais rictus étirant ses lèvres, il se sentait complètement endolori et, au fur et à mesure que sa conscience revenait, il pouvait la sentir de plus en plus nettement. Tandis qu’il essaya de bouger, il se sentit retenu dans son effort. Quelques instants plus tard, il réalisé qu’il était agenouillé contre un pilier de bois, les bras complètement tirés en arrière, ses poignets attachés par une corde qui semblait solide. Au-delà de se fait, il se rendit compte qu’il était couvert de bleus et à la manière dont un bandit le regardait en se tenant un bras pansé, ce dernier s’était sans doute vengé des coups qu’il avait pu prendre, comme ses compagnons… Ce n’est qu’à cette idée qu’il se rendit compte qu’il était torse-nu. La nuit était tombée mais il se trouvait non loin du feu et les flammes éclairaient bien sa peau, assez pour qu’il puisse distinguer les ecchymoses sur celle-ci et constater avec effroi que son tatouage était entièrement visible, bien qu’une petite partie était cachée par le pilier selon le point de vue. Il ne fallut pas beaucoup de temps à Aidan pour comprendre que les bandits assemblés autour du feu, hormis celui qui le surveillait de près et ne s’était pas gêné pour lui lancer quelques quolibets, discutaient justement de ce qu’ils pourraient faire de lui. Certains semblaient vouloir le vendre, d’autres en profiter pour l’utiliser et obtenir deux ou trois choses. Il était revenu à la case départ. Car il le savait, une fois dans ce cercle vicieux, il y avait peu de chance d’en sortir. Dans un soupir, il baissa la tâte, préférant se reposer un peu et essayer d’oublier sa douleur plutôt que de s’apitoyer sur son sort qu’il connaîtrait bientôt. Pour l’instant, il avait cette chance de savoir que les bandits ne connaissaient pas encore la signification de son tatouage. Hélas, avec le temps, cela viendrait rapidement. Ce n’était qu’une question d’heures, tout au plus…

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MessageSujet: Re: Tout le monde a le droit à une seconde chance...   Lun 30 Déc - 20:46


Tout le monde a le droit à une seconde chance...

Aidan Akh'Arbas- Lyra Belen


Le temps avait passé depuis leur voyage à Olden et les choses avaient évolué dans le groupe de guerriers. Notamment parce que Lyra avait finit par comprendre qu'ils n'avaient pas réellement quelque chose contre elle, mais elle était simplement plus facile à taquiner que d'autres. Elle prenait les choses moins sérieusement et se surprit même quelques fois à rire de leur idioties. Elle était moins seule et entrevoyait les bases d'amitiés sincères avec certains. Mais si sur la surface du masque les choses semblaient s'être adoucies, il n'en était rien lorsqu'elle le retirait.
Lyra se portait volontaire pour tout ne supportant plus l'oisiveté, depuis son retour de la région de Zèle elle avait un besoin maladif d'être occupée, si beaucoup de ses compagnons posèrent cela sur le compte des coups qu'elle avait pris pendant la mission ce n'était bien sûr pas la seule raison. Elle n'arrivait plus à dormir, quelques heures tout au plus et elle se réveillait toujours en sursaut. Car lorsque son esprit divaguait il revenait toujours au même point, au même événement.

Ce n'était pas toujours la même chose qui la sortait du sommeil. Parfois l’inquiétude qu'Aïdan ait des ennuis, ou le fait de réaliser chaque fois qu'elle ne le reverrait pas, le manque tout simplement. Mais le plus souvent c'était son regard effaré après qu'elle l'ait embrassé. Cette pensée lui donnait envie de disparaître dans un trou de souris, pourquoi diable avait-elle fait ça ? Comment l'avait-il interprété ?
Elle n'en avait bien sûr parler à personne ni de sa découverte, ni de son baiser, car même si elle avait confiance aujourd'hui dans ses compagnons elle doutait que tous restent impassible à l'idée de connaître un Djinn. Lyra ne comprenait que trop bien pourquoi Aïdan fuyait encore et toujours, alors elle s'était tue mais ça n'en faisait pas moins mal au cœur.

On avait demandé à quelques guerriers de partir en forêt repousser ce qui semblaient être des bandits qui s'en prenaient aux voyageurs, selon la source ils étaient six. Lyra partit en compagnie de six autres guerriers dont Milo avec qui elle avait déjà fait le voyage à Olden et quelques autres têtes connus pour s'entraîner souvent avec elle. C'est à la faveur de la nuit tombée qu'ils retrouvèrent plus précisément leurs traces, l'odeur d'un feu et sa lueur mena l'équipe droit sur eux.
Cachés dans les fourrés tous ventre à terre, ils essayaient de s'organiser. Apparemment il avait un captif ce qui intriguait tout le monde, pourquoi emmener quelqu'un avec eux ? Tous autour du feu ils semblaient parler vivement pendant qu'un montait la garde devant leur prisonnier. Milo et un autre guerrier essayèrent de faire un peu le tour du campement et à leur retour ils prirent Lyra à parti pour lui révéler que leur prisonnier n'était autre qu'Aïdan son ami.

Si son masque n'exprima rien, Milo nota tout de suite que la respiration de la guerrière s'était accélérée. Lyra regarda fixement vers le campement, cherchant à infirmer les dires de Milo, mais de là elle ne voyait pas grand chose, le prisonnier était caché. Elle avait envie de revoir de barde, oui, mais il ne fallait pas qu'il soit ici. Milo lui mit un main sur l'épaule,

- Ne t'inquiètes pas, on va le sortir de là.

Lyra sembla s'affaisser sous sa main. Elle était soudainement paralysée comprenant pourquoi il était otage. Ils avaient dû s'apercevoir de sa nature, sinon pourquoi le garder ? Pourquoi le barde était-il revenu ici ? Lyra avait peur que quoiqu'elle fasse elle ne puisse pas le protéger, car même si ils le sortaient des mains des voleurs comment le protéger des guerriers ? Il fallait qu'elle se débrouille pour que ses compagnons ne se rendent compte de rien.
On décida qu'il fallait faire partir ces bandits ou les mettre hors d'état de nuire, la priorité étant à présent de mettre leur otage en sécurité. Lyra le connaissant peut être devrait se charger de sa protection. Jusque là elle était d'accord avec le plan restait encore à ce qu'il se passe sans accrocs.

Ils se dispersèrent une fois tous d'accord, Lyra se rapprocha discrètement de la place où était détenu Aïdan avant d'attendre le signal épée en main.
La jeune équipe apparut comme un seul homme, fonçant dans le tas et amorçant alors le combat. Si les guerriers furent un peu surpris de ne pas voir les bandits tenter de s'enfuir immédiatement, Lyra se doutait qu'ils n'allaient pas abandonner leur trouvaille si rapidement. Elle ne laissa pas le temps à celui qui gardait Aïdan de tenter quoique ce soit pour s'approcher du captif. Sortant à toute hâte de la pénombre elle le repoussa par son pouvoir en direction du centre de l'agitation afin de s'interposer entre lui et Aïdan. S'engagea alors le combat, elle ne jeta aucun regard sur le Djinn souhaitant éviter à tout prix éviter d'être déstabilisée, elle l'avait vu de dos lorsqu'elle attendait pour attaquer, il n'y avait pas de place pour le doute, c'était lui.

Le bandit face à elle était costaud elle l'avait certes repoussé mais pas autant qu'elle l'aurait souhaité. Si elle retenait ses coups en entraînement c'était ici l'occasion rêver de se lâcher, et elle n'allait pas bouder son plaisir. Pour les voyageurs qu'ils avaient sans doute attaqués précédemment, pour Aïdan qu'ils avaient capturé et blessé, pour la dent d'un de ses compagnons qu'elle venait de voir voler, le garde prit pour tout cela. Lorsqu'il tomba au sol prit prit d'une large blessure au flanc elle finit par l’assommer d'un coup de pied.
Elle observa la situation autour d'elle, aucuns des siens n'étaient à terre seulement légèrement blessés et aucuns ne semblaient avoir besoin d'elle, bien, elle n'avait pas le choix il fallait donc qu'elle se retourne. Elle prit alors une grande respiration pour se calmer et rangea son épée dans son dos pour prendre un saïs. Le feu s'était affaiblit mais elle distingua nettement Aïdan et surtout son état.

Elle vint derrière lui pour lui défaire ses liens et détacha sa cape, derrière son masque sa voix sortie calme et concentrée,

- Tu pourras te lever et marcher ? Je ne crois pas que ces hommes se contenteront de fuir.

Agenouillée dans son dos elle lui tendit sa cape. A la vue de ses ecchymoses elle tentait de se contenir, de ne pas réagir, mais elle bouillonnait. Malheureusement elle ne pouvait se permettre d'aller mettre elle-même une tanné aux bandits ayant pour seule directive de mettre Aïdan à l'abri. C'était mieux pour eux cela dit.

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MessageSujet: Re: Tout le monde a le droit à une seconde chance...   Mar 7 Jan - 15:44


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Aidan Akh'Arbas- Lyra Belen


La douleur était forte, trop pour ne pas réaliser qu’il avait surement une ou plusieurs côtes fêlées, au mieux, brisées au pire. Il n’en n’avait aucun souvenir, mais il n’y avait aucun doute sur le fait que les bandits l’avaient surement passé à tabac après l’avoir immobilisé. Vengeance pure et simple. S’il ne pouvait prendre que de brèves inspirations, il y avait aussi cette douleur dans les bras, tirés en arrière, réveillant d’autant plus sa blessure à l’avant-bras, mais aussi celle de ses poignets, liés par une corde rêche et serrée au plus fort, sans oublier l’un de ses mollets qui le lançait avec force. Les yeux clos, la mâchoire contractée pour ne pas trembler ou faire voir sa douleur, le check-up de sa condition était misérable. Les bandits veilleraient surement à le maintenir dans un état suffisant afin qu’il puisse leur servir mais cela n’incluait pas nécessairement un service quatre étoiles et on pouvait faire survivre un homme sans avoir à le débarrasser de sa douleur. A cette idée, de vieux souvenirs lui revinrent en mémoire, de ceux qui étaient issus de la seconde moitié de son enfance, celle où il avait servi d’esclave – il n’y avait pas d’autres mots pour cela -, celle où il aurait donné n’importe quoi pour revoir ses parents dont il avait été arraché à cause de sa nature « magique ». Durant cette période, il avait rarement vu la lumière, se contentant de l’obscurité de cachots, sortant parfois à la lumière du jour, le plus souvent pour changer de propriétaire. Et si les visages changeaient, ses conditions de vie ne variaient que peu. Certains semblaient avoir un peu de considération pour lui, ou peut-être étaient-ils un peu honteux d’abuser d’un enfant, et le traitaient mieux que d’autres, mais cela n’avait rien d’enviable et le Djinn n’aurait souhaité cela à personne.

Alors qu’il était plongé dans ses souvenirs, ivre de cette douleur qui le tiraillait, à peine ténue par le détachement de son esprit à ses peines directes, il entendit des bruits, des cris, ce qui le força à relever péniblement la tête et ouvrir les yeux, posant ainsi son regard clair sur la scène qui se jouait devant lui et qu’il mit quelques instants à comprendre véritablement. Les bandits au coin du feu s’étaient relevés et avaient empoigné leurs épées, ou toute autre chose faisant office d’armes, pour faire face à ce qui ressemblait à d’autres combattants qu’il ne distinguait pas réellement, probablement trop fatigué pour pouvoir ou vouloir chercher clairement à le savoir. Quelle que soit l’issue de cette bataille inopinée, ses « sauveurs », s’ils gagnaient, découvraient ses origines et il ne bougerait surement pas d’un pouce. Changer de maître, mais ne pas changer de traitement, ainsi allait la vie d’un Djinn… Alors qu’il allait se résigner complètement, il remarqua son « garde » qui chancelait en arrière. Avait-il trouvé un adversaire lui aussi ? Le Barde eut rapidement réponse à sa question lorsqu’une forme jaillit de derrière lui pour se lancer à l’assaut, une lourde épée en main. Il lui fallut un peu de temps pour réaliser qu’il connaissait cette personne. Il la reconnut à sa taille sa vivacité au combat et peut-être aussi un peu son style, à cette arme qu’il avait pu voir dans son dos quelques fois, à ces cheveux hirsutes et indisciplinés qui volaient selon ses mouvements tandis qu’elle bataillait férocement contre son adversaire. Il ne la vit que de dos, mais pourtant il ne pouvait se tromper sur l’identité de cette personne, il ne pouvait s’agir que de ce petit brin de furie dont il gardait de bons mais amers souvenirs : Lyra.

Embrumé dans un nuage de douleur, il se contentait d’observer la scène, incrédule, se demandant ce qu’elle pouvait bien faire ici, mais il se rappela finalement qu'il était non loin de Brèche et que, avec de la chance, la guilde des Guerriers était probablement la plus à même de régler un problème de bandits. Il se souvint presque immédiatement de leur dernière rencontre, de cette scène dans la salle d’eau de l’auberge, de la peine, de la surprise, de tout ce qu'il avait essayé d’oublier pendant ces longues semaines et qui, finalement, revenait bien trop vite en mémoire. Tandis qu’elle mettait à bas son adversaire, il éprouva du soulagement à savoir qu’elle ne serait pas blessée. Elle passa ensuite derrière lui, quittant son champ de vision, mais il ne réagit pas beaucoup, beaucoup trop faible pour cela de toute façon. Il sentit une légère pression s’exercer sur ses poignets. Elle défaisait ses liens. Sa voix le fit se raidir légèrement. Il ne savait pas vraiment quoi faire, mais, au fond, elle était une chance qu’il devait saisir. Si avec des inconnus son sort était scellé, avec elle, il y avait peut-être un mince espoir, même si… Après tout, ce n’étaient que des mots. Lorsque ses liens lâchèrent, il tomba en avant, ne cherchant même pas à se rattraper tant l’absence de pression sur ses bras était un soulagement comparé à la faible douleur de l’impact. « Ils ne m’ont pas ménagé. » Sa voix était faible. « Je… Je ne pourrais sans doute pas faire un pas sans aide. » Il n’avait aucune force dans les bras, sans parler de sa jambe mal en point. Non, il ne pourrait pas se lever et marcher seul. Il n’y avait cependant aucune supplique dans sa voix, un simple constat. Aussi déroutant que cela pouvait l’être, il dépendait d’elle désormais.

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