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 Partie de cache-cache | Celindra Sylvaris & Loükas Madani

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MessageSujet: Partie de cache-cache | Celindra Sylvaris & Loükas Madani   Ven 1 Mar - 2:58


Partie de cache-cache

Loükas Madani - Celindra Sylvaris



« Vous savez, vous devriez sourire un peu plus. Sinon, vous ferez fuir vos rares clients et vous ferez faillite. Enfin, j’dis ça … »

Loükas avait considéré la jeune femme d’un regard particulièrement froid. Ses cheveux blonds attiraient la lumière qui filtrait entre les rideaux légers accrochés aux deux fenêtres de la boutique et renvoyaient cette même lumière vers des objets de verre. Clarté plus qu’inutile. Ses yeux s’étaient suffisamment habitués à l’obscurité chaleureuse de sa boutique pour ne pas avoir à utiliser des choses inutiles pour s’éclairer. Ses petits yeux prenaient tout de suite un grand coup. La demoiselle s’était approché de lui, toute souriante, deux livres dans les mains. Des romans à l’eau de rose. Comme c’est étonnant, songea-t-il ironiquement. Elle lui donna l’argent, et partit en souriant. Il espérait ne plus avoir à subir cet affreux accoutrement. La jeune femme était toute de rose vêtue.

*

Il chassa une mèche noire venue se loger devant ses yeux, d’un geste de la main passablement irrité. Il détestait ses cheveux, mais n’avait pourtant jamais réussi à se résoudre à les couper. L’image d’Aelya flottait encore bien trop autour de lui pour qu’il n’ose un tel sacrilège. Trois ans, pourtant. Trois ans déjà qu’il avait quitté sa prison. Le chat vint se frotter à ses jambes, signe qu’il désirait manger. Loükas n’était pas dupe ; il ne venait jamais à lui pour réclamer des caresses ou un quelconque signe affectif, il ne venait que pour quémander de la nourriture. L’humain soupira, lâcha le livre qu’il avait commencé le matin-même et sortit dans l’arrière-boutique pour trouver de quoi sustenter son animal. Et puis, lui-même, par la même occasion. Il n’avait pas mangé depuis la veille, et l’après-midi était déjà bien avancé.

Alors qu’il ouvrait un placard, songeur, un grand bruit se fit entendre dans la librairie. Ni une ni deux, au pas de course, il se retrouva prêt de la porte, les sourcils froncés, observant les rayonnages. Qui donc osait de la sorte profaner son sanctuaire ? Il avançait calmement, mais son cœur s’était mis à battre. Dans la vie, il ne craignait que deux choses : que son père vienne à le retrouver en premier lieu ; que ses livres soient pillés, brûlés, abîmés, en deuxième place. Sa vie ? Elle lui importait peu. Il s’était d’ailleurs souvent dit qu’il préférerait se suicider si jamais son géniteur revenait à mettre la main sur lui. Ce serait sans doute l’option la moins douloureuse, aussi bien mentalement que physiquement. Sans y penser, il mit machinalement ses gants pour cacher la laideur de ses mains : ce geste était devenu quasi automatique.

Les bruits des sabots des chevaux des soldats se firent entendre. Loükas y répugnait, mais dû lever un rideau pour essayer de comprendre de quoi il retournait. Ses yeux furent aussitôt éblouis par la lumière du soleil. Et on ouvrit la porte, sans même toquer, sans même annoncer sa présence. Le carillon résonna, clair, dans le magasin aux senteurs de papier et d’encre. On le regarda, lui faisant comprendre qu’une personne était recherchée.

- Personne n’est entré ici depuis Mademoiselle Léonore ce matin.

Tout le monde dans son coin de rue connaissait Mademoiselle Léonore. Elle et ses habits roses d’une ignominie à pleurer. Infliger ça à quelqu’un, c’était vraiment une bassesse de la pire espèce. Mais eux ne la connaissaient sûrement pas. Il haussa les épaules, signe qu’il les laissait fouiller, et repartit quelques instants dans ses rêveries. Et tandis que le soldat regardait dans les rayonnages, il partit se terrer dans sa maison, attenante à la boutique. Il avait oublié de nourrir le chat avec toute cette agitation. Chat qui par ailleurs était venu se rappeler à son esprit.

- Tiens, voilà pour toi.

Il leva la main vers lui, dans une tentative de caresser sa tête. Mais non seulement le chat l’évita, mais en plus il avait gardé ses gants. Il ne devait pas les salir, et les poils gris de son chat seraient des plus visibles s’il venaient à se décrocher. Lorsqu’il leva la tête, il aperçut une silhouette. Qui non seulement ne lui était pas familière, mais qui en plus ne lui disait rien qui vaille. Son visage se releva aussitôt, et son corps se déplia automatiquement. Redressé, il put faire face à la jeune femme.

- Excusez-moi, mais vous n’êtes pas censée entrer de ce côté. La boutique est là, dit-il en montrant la porte, le ton un peu plus cassant qu'il ne l'aurait voulu.

Il était intelligent, mais pas une seconde le fait que ce soit cette femme qui puisse être recherchée ne traversa son esprit. L'idée que l'on viole son sanctuaire lui faisait perdre toute prudence.

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MessageSujet: Re: Partie de cache-cache | Celindra Sylvaris & Loükas Madani   Lun 4 Mar - 18:50


Partie de cache-cache

Loükas Madani - Celindra Sylvaris



Une course poursuite en plein jour. Des gens qui feignent la peur à l'approche rapide des soldats de la Brèche, sans même être concernés. Des cris, des ordres aboyés, et une femme qui tente de les semer. Cette femme, ou plutôt cette jeune femme, dont la capuchon avait été retiré à l'improviste par un marchand désireux de connaître sa cliente; courait, tentait de les semer par les peu de moyens qui lui restait. En effet, nous étions en plein jour, et ainsi, le soleil ne donnait place à aucune ombre. Alors elle monta sur un des toits des maisons du village, car c'était là la meilleure façon d'empêcher une bonne partie des représentants de la loi de la suivre, étant donné leur haut degré d'incompétence.

Agile, et courant plus rapidement sur les toits, Noadek la Chevaucheuse de Brume sautait de maisons en maisons, se rattrapant souvent de justesse, alors que son visage effrayait toute personne la voyant, criant à l'aide alors qu'elle n'avait strictement rien fait contre eux. Mais c'était ainsi la réputation de la femme possédant la plus grosse prime de tout Brécheuse. Alors qu'elle commençait à perdre espoir, certains gardes ayant, miracle pour eux, réussi à la rattraper, la jeune femme vit son salut : une fenêtre ouverte, à trois maisons de là. Se remettant d'aplomb, sa cape noir virevoltant autour d'elle, Celindra sauta sur l'occasion et fonça à toute vitesse dans la direction de la fenêtre, avant de sauter d'un coup pour passer dans l'ouverture de celle-ci. Avec de la chance, elle se rattrapera avec agilité, et discrétion. Ce qu'elle réussit plus ou moins bien. Le chat qui était près d'elle, lors de sa chute, le regardait, et Celindra plongea son regard rouge feu dans les pupilles du félin, pour lui montrer qui était le chef.

Le chat partit en direction d'une porte, et la jeune femme s'assit sur le sol, pour se rasséréner un peu. Reprenant doucement sa respiration, elle regardait tout autour d'elle, et se devina être dans une boutique, à en juger les livres qui trônaient un peu partout sur des étagères. Mais elle n'avait apparemment pas de répit, puisqu'elle entendit un carillon sonner, et des gardes rentrer dans le lieu-dit. Loin d'elle, fort heureusement, mais une autre personne arriva, et Celindra n'eut pas le temps de remettre son capuchon. Elle était seulement dans le petit coin de pénombre qu'elle s'était dégotée. Un homme se tenait en face de lui, et qui la remarqua après avoir nourri le chat. Si la jeune femme n'était pas hostile, le ton cassant qu'il lui adressa l'agaça. Sans un sourire, ni même une expression, elle sortit de la pénombre, se dévoilant au grand jour, mais elle dévoila aussi un Kriss. Sautant sur le pauvre libraire, la jeune femme se plaça derrière lui, la lame sur la gorge, et l'attira un peu plus loin des gardes, toujours dans la boutique. Ses lèvres collées à son oreille, elle se fit rassurante.

Ne vous inquiétez pas. Je ne suis pas contre vous. Seulement, voyez-vous, mes amis vont surement rentrer dans le reste de vos appartements, et ce serait particulièrement dommage qu'il me trouve ici. Autant pour moi, que pour vous. Alors, faites-moi plaisir, et aller gentiment envoyer les soldats ailleurs. Comme dans la maison voisine, par exemple.

Elle relâcha l'emprise qu'elle avait sur le jeune homme, et lui sourit doucement, bien que son sourire ne soit que faussement gentil? Son instinct lui criait de le tuer, mais elle ferait mieux d'éviter d'occire ici, surtout après la course qu'elle venait de faire il y a quelques instants auparavant.

Je suis sûre que nous ferions de très bons amis, toi et moi, n'est-ce pas ?

S'il tentait quoi que ce soit contre elle, Noadek la Chevaucheuse de Brume s'enfuirait. Mais elle reviendrait aussi pour le tuer dans son sommeil...

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_________________
« Savez-vous ce que ressent un oiseau lorsqu'un chasseur lui tire dessus?
Lorsque son corps percé de mille blessure ne lui répond plus?
Lorsque ses plumes arrachés par des plombs tournoient dans le ciel autour de lui?
Lorsque ses ailes brisée pendent, inutilement ?
Il souffre.
Il souffre... Et il tombe. »


JOYEUSES FÊTES !
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MessageSujet: Re: Partie de cache-cache | Celindra Sylvaris & Loükas Madani   Mar 12 Mar - 13:52


Partie de cache-cache

Loükas Madani - Celindra Sylvaris



Il ne prit le temps d’analyser la situation que lorsque tout fut redevenu à peu près stable, c’est à-dire lorsqu’elle le relâcha après lui avoir demandé d’envoyer balader les gentils soldats. Souvenir numéro 1 : il l’avait vue en face de lui, et elle lui avait littéralement sauté dessus. Il en avait été tellement surpris qu’il avait failli tomber mais l’instant d’après elle était derrière lui. Souvenir numéro 2 : le couteau sous la gorge. Si elle était restée un peu plus longtemps comme ça, il aurait sûrement fini par angoisser à cause d’une déferlante de réminiscences refoulées : son père le menaçait souvent avec le couteau sous la gorge lorsqu’il n’était pas content de lui. Mais elle l’avait libéré de son emprise relativement rapidement. Et enfin, souvenir numéro 3 : elle lui demandait de faire en sorte que les gardes civils s’en aillent. Et bien …

Il se retourna, put voir son visage et le sourire qu’elle osait dévoiler après l’avoir agressé. A sa phrase, il ne put qu’esquisser un sourire ironique : bien sûr, les amitiés se basent toujours sur des couteaux placés sous une gorge. Le tutoiement aurait dû le faire tiquer, mais il ne dit rien, ne s’adressa même pas à elle, se contentant de pousser la porte le menant à la librairie. Quelques livres éparpillés sur le sol faillirent le faire hurler. Mais par chance, ils n’étaient pas abîmés, et il se contenta de les ranger dans les rayonnages, avec plus de douceur qu’on n’aurait pu en soupçonner chez lui. Il chercha un instant les trois gardes dispersés dans sa boutique. Son cerveau tournait à toute allure. Il ne savait pas encore quoi faire : dénoncer cette femme qui s’était introduite chez lui par effraction, ou renvoyer ces hommes qui eux non plus n’avaient pas fait preuve d’une grande considération pour lui ? Qu’est-ce qui lui provoqueraient moins d’ennuis, si tout venait à se savoir ? Une seconde après, il s’approcha du premier militaire.

- Excusez-moi mais quoi que vous cherchiez, je doute que vous le trouviez ici. Je tiens une boutique tranquille moi. En temps normal, du moins, ajouta-t-il, appuyant délibérément sur cette dernière phrase. Je pense que vous faîtes fausse route, et que vous feriez mieux de chercher ailleurs.

L’autre sembla le jauger du regard, comme si il se demandait quelle était la puissance de Loükas. Il dut en conclure que ce n’était qu’un vulgaire moucheron, pas le moins du monde intéressant, puisqu’il sourit. Le genre de sourire que l’on n’aime pas voir sur le visage des autres. Condescendant, méprisant, hautain. Il ne le prenait pas au sérieux. Le jeune libraire était habituellement d’une impassibilité exemplaire, mais il n’aimait pas qu’on le traite comme un moins-que-rien. Il n’eut pas le temps de répliquer tout de suite à ce sourire qui semblait le provoquer, car le soldat prit la parole avant lui.

- Les dernières personnes qui nous ont dit ça avaient des tas de choses à cacher. Ne vous inquiétez pas, nous irons visiter l’arrière-boutique dans quelques instants.

Ils étaient plus intelligents qu’il ne l’avait pensé et ils avaient tout de suite remarqué la porte qui menait à sa maison, semblait-il. Il n’aimait pas être obligé de réfléchir pour des affaires qui ne le concernaient pas directement, mais autant éviter de mourir pour complicité ou parce que l’autre folle le retrouverait. Il fit volte-face une fois que le militaire se fut mis à visiter à nouveau la boutique et retourna dans la pièce.

- Vous pouvez sortir par là, dit-il en indiquant la fenêtre. Ils ont décidé de venir se promener par ici.

Et plus rapidement qu’il ne l’aurait cru. Pourquoi fallait-il que ces maudits personnages viennent se fourrer là où ils n’étaient pas invités ? Il inspira profondément lorsque la porte s’ouvrit et se raidit en se rendant compte de son erreur. Peut-être que finalement, il aurait dû aller la dénoncer. Mais c’était trop tard maintenant, et si il devait aider quelqu’un, ce serait sans doute elle. Loükas aimait éviter les ennuis, mais il n’abandonnait pas la voie qu’il avait choisie, même si elle était périlleuse. De mauvaise grâce, il tira son épée d’estoc de sa cachette. C’était la seule arme qu’il savait maîtriser un minimum.

Et sinon, on parlemente ? Non ?

Le visage triomphant du soldat qui lui avait dit qu'il avait trouvé des choses cachés ne lui plut vraiment pas, mais à cet instant, il ne pouvait rien faire. Il ne pouvait pas nier. Oh ! Est-ce qu'elle allait croire qu'il les avait attirés ici exprès ? Parce que ce n'était pas du tout le cas, et il ne voulait pas se faire tuer, parce que mine de rien, elle avait quand même l'air plutôt menaçante, quelques instants auparavant. Et là encore plus, mais son regard n'était heureusement pas dirigé vers lui. Il soupira.

- Je suppose qu'on ne va pas pouvoir discuter calmement de la situation ? J'aimerais autant que nous évitions de détruire cette maison.

Sa voix avait été noyée par le son d'épées s'entre-choquant.

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