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 Azur et verdure pour un brin de tranquilité

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MessageSujet: Azur et verdure pour un brin de tranquilité   Ven 21 Déc - 10:20


Azur et verdure pour un brin de tranquilité.

Aidan Akh'Arbas & Sylvania Arandar


Passer quelques jours à Brèche avait eu le mérite de changer les idées du barde qui en avait également profité pour remplir un peu sa bourse. Certes, il avait également fait un peu fonctionner l’économie locale pour préparer plusieurs jours de vivres pour le voyage à venir mais il repartirait de la ville avec un petit pécule qui lui permettrait de voyager tranquillement jusqu’à sa prochaine destination sans risquer de se retrouver à cours de monnaie pour acheter un morceau de pain ou un peu de viande séchée. Ce n’était pas non plus Byzance mais le sens de l’économie d’Aidan ferait le reste. Quand, comme lui, on avait passé déjà pas mal de temps sur les routes, on apprenait que chaque chose pouvait rapidement avoir son importance et gâcher était certainement la dernière des choses à faire, du moins lorsqu’on voulait survivre. Aussi, après avoir préparé son paquetage avec soin, Aquilon tranquillement affalé sur le lit regardant, tel un maître d’œuvre, son compagnon, le Djinn libéra la chambre après un dernier tour d’horizon pour vérifier qu’il n’avait rien oublié puis descendit dans la grande salle où il rendit la clef à l’aubergiste et paya ce qu’il lui devait, en profitant également pour payer pour un dernier repas avant de partir. S’installant à une table avec ses affaires, il profita du repas chaud comme s’il s’agissait du dernier - ce qui n’était pas loin d’être le cas. La grande salle était pratiquement vide à cette heure-ci et seuls quelques habitués tenaient place au comptoir, discutant de tout et de rien avec le tenancier des lieux. Partageant son morceau de viande avec l’Ocelot, le barde avala le reste de son assiette avant de finalement se lever et partir, sans oublier de saluer ceux qui étaient encore présents. Nul doute qu’il repasserait peut-être à Brèche un jour, mais pour l’instant, d’autres endroits l’attendaient.

Traversant paisiblement la ville, son paquetage et son hallebarde sur les épaules, le Barde arpenta plusieurs rues et ruelles en direction des remparts. Sur le chemin, il s’arrêta à un petit étalage où il découvrit plusieurs fruits frais qui semblaient plutôt appétissants. Il en acheta deux dont il garda un pour plus tard mais ne se priva pas de mordre avec envie dans le second, profitant de sa saveur sucrée et du parfum doux qu’il faisait naitre sur sa langue. C’est donc avec une humeur un peu guillerette qu’Aidan arriva aux portes de la ville et quitta définitivement Brèche en passant les larges murs qui la ceinturaient et la protégeaient. Tandis qu’il arpentait la route qui partait de la porte qu’il venait de passer, il put croiser plusieurs chariots de marchandises qui provenaient d’il ne savait où. D’autres partaient également pour des destinations inconnues, mais, de par leurs directions actuelles, le Djinn se faisait une petite idée de l’endroit où ils se rendaient. La forêt de brouillard n’était pas loin et c’était là sa destination, ou, plus exactement, le chemin par lequel il passerait. Aquilon gambadant à ses côtés, l’Ocelot en profitait également pour se dégourdir les pattes. Toutefois, son compagnon bipède n’était pas dupe, aussitôt qu’il se lasserait, il grimperait sur ses épaules afin de profiter encore plus agréablement du voyage dans lequel ils s’étaient lancés. En regardant son partenaire à fourrure, Aidan se demanda néanmoins ce qui pouvait pousser le félin à le suivre. Avait-il lui aussi l’envie de découvrir le monde ? C’était assez peu plausible en fait, bien qu’il était assez difficile de deviner ce qui pouvait se passer dans l’esprit d’un animal. Etaient-ils capables de raisonner comme eux ? Avaient-ils des envies qui dépassaient le simple stade primaire et bestial ? Peut-être ne sauraient-ils jamais…

Quelques heures plus tard, les deux voyageurs s’étaient enfoncés dans la forêt où l’air était frais et légèrement humide mais pas désagréable. Quelques rares rayons de soleil parvenaient à s’attarder entre le feuillage des arbres et zébraient l’ombre des vénérables végétaux dans une fresque particulièrement agréable à regarder. Un léger voile brouillait la vision mais rien de potentiellement dangereux. Le tapis végétal qui s’étendait sous les pieds du Barde était humide mais produisait toujours ce petit bruit de bruissement caractéristique. Aquilon reposait déjà sur ses épaules, visiblement lassé de se dégourdir les pattes. Cherchant un endroit pour faire une pause, une surface bleue visible au travers des arbres avait attirée l’attention du Djinn qui avait quitté le chemin pour zigzaguer entre les troncs parfois presque entièrement couverts de mousse. Comme il l’avait suspecté, il arriva rapidement sur la berge d’un lac qui semblait alimenté, au loin, par une cascade. Jugeant que l’endroit serait parfait pour une petite pause, il avisa un gros rocher qui se trouvait non loin du bord de l’eau et décida qu’il serait idéal comme fauteuil. « On va s’arrêter un peu ici Aquilon. Le temps de soulager un peu nos pattes. Ca te va ?» Le félin sembla apprécier l’idée et bondit sur le rocher quand son compagnon en fut assez près. Aidan le rejoignit rapidement et se défit de son paquetage, le posant contre la roche avant de s’installer en tailleur dessus. L’Ocelot était déjà entrain de se prélasser à la faveur d’un rayon de soleil. « Profitons en un peu, je ne suis pas certain que nos prochaines pauses seront aussi agréables. » Dans un demi-sourire, il sortit un petit carnet dans lequel il griffonnait ses histoires, ou simplement des idées et, pour se détendre, se laissa aller à de nouvelles histoires…

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MessageSujet: Re: Azur et verdure pour un brin de tranquilité   Mer 2 Jan - 18:41


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Décidément, le travail de serveuse n'est pas de tout repos. En plus de servir leurs boissons aux ivrognes qui sont venus se rassembler pour chanter une chanson complètement vide de sens pour ensuite se taper dessus, je devais repousser leurs avances plus que claires. J'aurais adoré pouvoir les corriger à ma manière, mais je craignais de m'attirer les foudres de mon nouveau patron, et je préférais éviter de me faire mal voir par celui qui me donnerait de quoi vivre. L'auberge où je travaillais dorénavant était accueillante et chaleureuse, le seul soucis reposait sur les clients qu'elles hébergeait. Certains ce faisaient discrets, d'autres montraient qu'ils sont pleins aux as, et d'autres encore n'étaient que de simples ivrognes complètement ivres. Mais c'était souvent le cas dans ce genre de bâtiment. Après tout, tout le monde peut venir ici pour avoir un toit et quelque chose à ce mettre sous la dent et peu importe son état, tant qu'il a quelque chose pour payer et remplir les bourses de ceux qui s'acharnent à être sympathiques envers eux pour rendre leur séjour agréable. Heureusement, je ne servais que de serveuse et refusait d'aller dans les chambres pour nettoyer, car ceux qui devaient y aller devaient parfois affronté des choses... répugnantes ! Et de toute façon, le ménage n'était pas fait pour moi. J'étais plus faite pour voler dans les airs, légère comme une plume et libre comme le vent. D'ailleurs, je m'impatientais à l'idée que ma prochaine escapade en dehors de ces murs avec ma jument arrive enfin. Je voulais sortir le plus vite d'ici pour profiter de l'air libre avec Filië, ma fidèle jument.

Lorsqu'enfin j'ai pu la rejoindre, elle piaffait d'impatience. Je suis donc rapidement grimpée sur son dos pour partir le plus vite possible, lancées au triple galop sur les chemins sinueux. Nous sommes parties longtemps, plus loin que je ne l'aurais cru. Je ne pensais pas aller bien loin de l'endroit où je travaillais, mais ma jument semblait en avoir décidé autrement. Je la laissais donc faire. J'étais sûre qu'elle allait me montrer un nouvel endroit qu'elle avait découvert. Lorsqu'enfin elle s'arrêta, je vis devant moi un beau lac dont l'eau limpide stagnait tranquillement, bougeant à quelques endroits par les mouvements des poissons et de la douce brise qui me caressait la joue et soulevait légèrement mes cheveux. Plus impatiente que jamais, je me jetais dans l'eau et fis un brun de trempette avant de remonter rapidement. L'eau avait beau avoir l'air d'une pureté comme nul ailleurs, elle restait trop froide à mon goût. Afin de pouvoir observer les alentours, je pris mon apparence de hibou sous l’œil attentif et attentionné de Filië. Durant mon vol, je vis un garçon accompagné d'un animal que je n'avais encore jamais vu, mais c'est à peine si j'y fis attention. Je rejoignis vite ma jument et me posa sur son encolure avant de m'occuper un peu de mes plumes.

Pendant ce temps-là, ma belle jument se mit à avancer tranquillement, mais je ne regardais pas où elle allait, certaine qu'elle ne chercherait pas à me mettre volontairement en danger. Elle marcha tranquillement, l'encolure légèrement basse, et je ne levais la tête que quelques minutes plus tard pour voir où elle c'était décidée à aller. Je vis qu'elle s'approchait du groupe que j'avais repéré quelques instants plus tôt. Je ne comprenais pas pourquoi elle y allait, et je n'avais pas envie d'attendre pour le savoir. Je m'envolais donc, pensant que Filië allait me suivre, mais je ne fus qu'étonnée lorsque je vis qu'elle continuait son chemin, me regardant d'un air malicieux, ces yeux brillant légèrement. J'allais donc à nouveau vers elle et prit son toupet avec mon bec pour tenter de la faire changer d'avis et l'emmener plus loin. Mais elle continuait son chemin, têtue. Pourquoi donc fallait-il qu'elle aille voir ce garçon ?

J'allais donc me poser sur une branche pour les observer tout les trois. Je me mis à examiner un moment le garçon. Il me rappelait quelqu'un, mais je n'arrivais pas à me rappeler qui. Peut-être quelqu'un que j'ai croisé dans la rue, ou un client de l'auberge où je travaille ? Quoi qu'il en soit, il avait l'air de ne pas vouloir être dérangé, en tout cas c'est ce que je supposais en voyant le carnet qu'il tenait entre ces mains. La bête à ces côtés me semblait être une sorte de croisement entre un léopard et un chat, état donné sa taille et les poids qu'il a sur lui. Quoi qu'il en était, je n'avais pas du tout envie de finir entre ces griffes pour finir dévorée !

Filië continuait d'avancer vers le petit groupe, et elle se stoppa à leurs côtés, toujours debout. Je lançais un hululement à son attention, mais elle ne bougea pas. Au contraire, elle resta sur place, les sabots bien ancrés dans le sol, et se tourna vers moi pour lancer un hennissement à mon attention avant de reporter son regard vers le garçon. Curieuse, elle s'approcha de lui et le renifla. Je me contentais de déployer mes ailes, sans pour autant m'envoler, et lancer un autre hululement, plus provocateur, mais ne bougea pas non plus. Je repris ensuite ma position initiale, ne cessant de l'examiner pour voir les réactions qu'auront le garçon et son compagnon animal.

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MessageSujet: Re: Azur et verdure pour un brin de tranquilité   Dim 6 Jan - 11:12


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Le soleil était haut dans le ciel et il avait peut-être déjà commencé sa course descendante vers le crépuscule mais, et pour plusieurs heures encore, il offrait à cet endroit ses rayons chauds et agréables, qui donnaient à l’eau des reflets irisés et charmeurs. Pour un peu, le Barde se serait offert une plongée rafraichissante dans les eaux du lac mais ce dernier étant non loin du chemin qu’ils avaient arpenté, et incertain sur la possibilité de croiser, ou non, des personnes, il préféra ne pas exhiber son tatouage à de potentielles personnes qui pourraient en profiter, se contentant de profiter de la douce chaleur qui s’emparait de lui tandis qu’il restait installé sur le rocher, son petit carnet en main. L’endroit lui fournissait une inspiration nouvelle, des idées particulièrement enchanteresses pour un nouveau conte ou une nouvelle histoire. S’il avait été en mesure de dessiner convenablement, il aurait probablement cherché à faire une esquisse de ce qu’il voyait mais, pour lui, les mots étaient plus faciles à maitriser aussi se contentait-il d’écrire de longues descriptions de ce qu’il avait sous les yeux, brodant souvent, rajoutant quelques menus détails qui lui plaisaient, modifiant ainsi un peu la réalité, mais, après tout, le but n’était pas de raconter ce lac, mais d’en faire un lieu d’histoire, n’est-ce pas ? Aussi, la cascade prenait plus de hauteur, provoquait plus d’embruns et un arc-en-ciel glissait entre les gouttes d’eau ainsi projetées. Une grotte faisait également son apparition derrière le puissant courant d’eau, laissant la place pour de sombres histoires ou de romantiques rendez-vous amoureux. L’eau se teintait davantage de reflets irisés et les arbres dansaient avec grâce et volupté dans cette petite valse dans lequel le vent les menait sur trois temps langoureux et tranquilles. Sans oublier quelques daims qui se rafraichissaient de cette eau claire.

Griffonnant sur son petit carnet, ainsi fonctionnait l’imagination d’Aidan. Poussée par la singularité de certains lieux, par la beauté d’autres, elle s’appuyait sur la réalité pour construire l’imaginaire. Sans chercher toujours à l’embellir, il puisait dans ce qui existait les fondations, l’empreinte de réel dont avait besoin une histoire pour convaincre. Il était plus difficile d’inventer tout un lieu, tout un monde et, surtout, cela semblait inutile compte-tenu de tout ce qui existait autour d’eux, pour peu qu’ils usent un peu de leur temps pour le découvrir et l’apprécier. Certes, ce n’était pas offert à tout le monde et parcourir les terres n’était finalement peut-être qu’un luxe parmi tant d’autres, plus accessible que d’autres, mais assez inaccessible aussi, d’une certaine manière. Quoiqu’il en soit, c’était également pour cette raison que le Djinn aimait rapporter ses histoires de voyages, décrire ce qu’il avait vu. Cela valait souvent une bonne histoire et certaines personnes étaient friandes de connaître comment le monde était simplement ailleurs, bien loin de leurs chaumières, bien loin, plus loin que l’horizon qui s’offrait à eux dans leur vie de tous les jours. C’était aussi pour cela qu’il avait fini par apprécier le « métier » de Barde. Au-delà du fait de pouvoir subvenir à ses besoins en racontant quelques histoires, il y avait toujours cette petite satisfaction de voir les yeux des enfants, et parfois même des adultes, briller quand on leur vantait une contrée enchanteresse aux saveurs exotiques. Cela pouvait être une jungle impénétrable, une vallée battue par le vent, un désert aride et sec… Même le plus dangereux des lieux pouvait paraitre incroyablement captivant pour peu qu’il détonait véritablement avec ce dont quoi les gens avaient l’habitude. Tout n’était qu’une question de choix des mots. On pouvait raconter la pire des horreurs et pourtant susciter l’enthousiasme des auditeurs juste en utilisant les bonnes tournures de phrases.

Tandis qu’il continuait à griffonner sur son carnet, imaginant déjà une histoire dans laquelle il pourrait intégrer tout ce qu’il avait déjà noté depuis le début de sa pause, quelques bruits vinrent troubler le calme qui l’entourait. Sans lever la tête, car il n’était pas rare d’entendre une chouette au détour d’une forêt, il ne fit à peine attention à Aquilon qui avait dressé lui aussi les oreilles. Continuant sa prise de note, ce ne fut que quand il réalisa que l’Ocelot fixait une direction bien précise depuis plusieurs instants qu’il consentit à tourner la tête, motivé par un petit bruit mat régulier. Il remarqua alors un cheval, entièrement noir. Curieux de savoir comment la bête était arrivée jusqu’ici – il n’avait croisé aucun signe de chevaux sauvages sur le chemin – cherchant des yeux un probable cavalier qui restait pourtant absent. Silencieux, il continua à observer le cheval qui continuait à s’approcher. Un hululement lui fit tourner la tête et hennir, comme s’il répondait. Intrigué, le Djinn fouilla du regard en direction de l’endroit d’où provenait le son mais ne trouva rien. Probablement un hasard, sans doute. L’animal pencha alors la tête vers le Djinn et commença à le renifler doucement. Amusé, Aidan se laissa faire sans esquisser de gestes brusques. « Bonjour toi… Tu te promènes tout seul ? » Levant lentement une main vers l’animal, il essaya de lui flatter doucement l’encolure. Le Barde n’avait pas beaucoup d’expériences avec les chevaux, préférant voyager à pieds, mais il avait souvent vu des personnes faire ceci avec leurs montures, pour leur montrer un peu d’affection. Et puis, d’une certaine manière, il n’y avait pas trente-six façons de caresser un animal. Et, comme Aquilon appréciait, de temps en temps, de se faire papouiller, il était rare que les animaux n’aiment pas ça.

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MessageSujet: Re: Azur et verdure pour un brin de tranquilité   Dim 6 Jan - 14:41


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Lorsque le garçon voulut la toucher, Filië n'esquissa pas un geste et baissa même la tête. Je ne comprenais pas pourquoi elle se laissait faire par un inconnu. En plus, l'animal qui se trouvait à côté de lui ne me plaisait. Il avait trop un air de... prédateur. Contente de cette marque d'affection, la jument frotta son naseau contre le visage de l'homme, peut-être un peu brusquement. On aurait aussi bien pu prendre ce geste pour quelque chose d'agressif, mais ses oreilles, bien dressées, montraient son attention et son pacifisme, en tout cas à ce moment. Indignée qu'elle se laisse ainsi toucher, j'allais vers le groupe et me mit sur la tête de ma jument, juste entre ces deux oreilles. Elle leva les yeux vers moi, lui donnant l'air de lever les yeux au ciel, puis baissa la tête en s'ébrouant. Manquant de tomber, je m'envolais à nouveau avant de retourner sur la tête de l'équidé noir. Avec un air de défi, je restais perché là-haut un moment, le buste bombé, puis reporta à nouveau mon attention sur le garçon qui se trouvait toujours juste devant nous, alors que nous faisions notre petit numéro. Lorsque je me mis à regarder plus attentivement l'homme qui se trouvait devant moi, je ne pus qu'être figée devant ses yeux d'une clarté étonnante. Je ressentis un frisson, sans comprendre pourquoi. Je ne faisais même pas attention au reste du visage tant cette partie m'hypnotisait. Le bruit impressionnant de l'eau s'écrasant en bas de la cascade n'était plus qu'un bruit de fond, comme si mes oreilles étaient bouchées.

Je ne remarquais que plus tard que j'étais restée ainsi, sans bouger, pendant plusieurs minutes. D'ailleurs, je ne m'en rendis compte que lorsque Filië s'ébroua pour que je réagisse enfin. Si j'étais sous ma forme humaine, j'aurais sûrement rougit. Et pour me cacher, je poussais un hululement d'indignation et tourna le dos à l'homme au regard envoûtant. J'allais ensuite sur le garrot de ma jument et tira sur sa crinière avec mon bec, comme si je voulais la diriger et l'inciter à partir. Cependant, elle ne bougea pas et, au contraire total de ce que je voulais qu'elle fasse, alla se coucher près du groupe. Décidément, j'avais du mal à la comprendre aujourd'hui. Mais il y avait bien une bonne raison pour qu'elle fasse cela, et j'étais curieuse de savoir ce qu'elle préparait. J'aurais bien été prendre ma forme humaine, histoire de pouvoir parler avec cet homme et en découvrir plus sur lui, mis à part ces beaux yeux, mais je ne lui faisais pas encore assez confiance. Et puis, un compagnon hibou est toujours le bienvenu !

De même, j'avais peur sous ma forme animale. Je restais donc sur ma jument, regardant du coin de l'oeil l'animal qui accompagnait le garçon. Je ne voulais pas finir en casse-croûte, et s'il se jetait sur moi j'espérais bien que Filië comprendrait qu'il faut partir ! Mais elle peut être têtue quand elle le veut, et je ne suis même pas sûre que cela la fasse réagir. Et de toute façon, je peux très bien m'envoler. Un animal tel que ce félin ne pouvait pas s'envoler, puisqu'il n'a pas d'aile. J'avais donc un endroit très sûr où aller en cas de nécessité.

Continuant mon observation des lieux, je vis le petit carnet sur lequel l'homme avait griffonné. Je déployais donc mes ailes et alla voir le carnet. Enfin, plutôt le prendre. Je le mis dans mon bec puis retourna vers ma jument, le posant près de moi avant de le feuilleter, tournant les pages avec mes pattes. Il s'agissait de récit, de contes, d'histoires. N'ayant pas eu l'occasion d'en avoir beaucoup entre mes pattes, ou mes mains, je me mis à lire quelques récits dont le début me plaisait le plus, laissant le reste pour une autre fois, si j'en avais l'occasion un jour. Je l'aurais bien pris avec moi, mais je n'allais tout de même pas le voler ! Une fois quelques lectures finies, je levais les yeux vers l'homme, d'ailleurs assez grand, et lança un hululement joyeux, montrant à quel point les récits m'avaient plus. Je ne me rappelais que trop tard que les hiboux ne sont pas censés savoir lire, mais le garçon avait sûrement dû se dire que je ne faisais que regarder sans comprendre, comme des centaines de volatiles dans le monde. Je fermais ensuite le carnet avant de le remettre à sa place, pour qu'il comprenne que je n'allais pas lui le piquer, puis retourna sur le dos de Filië pour lui tirer à nouveau la crinière, désirant encore partir. Mais elle ne bougea pas et se roula sur le sol, me faisant partir de son dos pour aller me poser sur un rocher.

Je la regardais un moment, énervée qu'elle fasse sa tête de mule, puis remarqua que je m'étais posée près de l'homme. Je m'écartais d'un coup, comme effrayée, et me mit dans une position que j'adopte d'habitude pour la chasse, par pur réflexe. La jument arrêta de se rouler pour me regarder bizarrement, et je repris une pose plus habituelle. Elle attendit un moment avant de retourner à son occupation, semblant apprécier le gazon qui se trouvait sous son dos. Elle finit sur le flanc, dos au groupe, puis se releva pour aller boire, me laissant avec le garçon et le prédateur, bien qu'elle ne restait pas loin. Je tournais mon regard vers le duo et les fixa pendant un bon moment, ne sachant quoi faire.

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MessageSujet: Re: Azur et verdure pour un brin de tranquilité   Mar 8 Jan - 9:19


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Le cheval ne semblait pas farouche et se laissa facilement caresser par le Barde qui cherchait toujours du regard son ou sa propriétaire. Il ne semblait pas vraiment sauvage et il devait bien y avoir quelqu’un dans les environs si l’animal se trouvait là. Tandis qu’il semblait apprécier de se faire flatter l’encolure, l’animal vint frotter, un peu durement, son museau contre la joue du Djinn qui vacilla un peu. « Doucement, doucement… Tu ne veux pas m’assommer, n’est-ce pas ? » Il avait dit cela sur un ton amusé, un sourire aux lèvres tandis qu’il repoussait avec douceur l’animal en continuant à lui caresser l’encolure. C’était la première fois qu’il expérimentait une sorte de complicité avec un cheval et c’était assez amusant. Quelques instants plus tard, une forme apparut dans le champ de vision d’Aidan, au-dessus de la tête de l’animal. Un volatile qu’il identifia comme un hibou. Surpris, il relia rapidement le nouvel arrivant avec les quelques hululements qu’il avait entendu un peu plus tôt mais trouvait le comportement de l’animal assez suspect. Il restait rare de voir deux animaux avoir de tels contacts sans qu’il n’y ait de réaction particulière… Aquilon, de son côté, était resté paisiblement couché sur le rocher, profitant des rayons du soleil sans même se préoccuper du volatile qu’il aurait pu considérer comme un repas. Pour un peu, il devait tout simplement dormir ou n’en avoir rien à faire. Ayant mangé, il ne devait probablement pas avoir faim de toute façon, aucun risque donc pour le hibou de voir un Ocelot lui bondir dessus à l’improviste. Le Barde observa un instant le manège entre l’animal à plumes et le cheval sans réellement comprendre ce que pouvait bien faire le volatile, d’autant qu’ils étaient réputés pour être avant tout des animaux nocturnes. Que faisait-il ici en plein jour ? Sceptique, il ne le quittait pas des yeux, ayant la bizarre impression d’être lui aussi regardé.

Continuant d’observer en silence le manège entre les deux animaux, le Djinn commençait à avoir quelques soupçons… C’était un peu comme s’ils agissaient comme s’ils se connaissaient de longue date et une telle chose n’avait rien de naturel. Du moins, personne n’avait, jusqu’à présent, observé un phénomène pareil ou s’était gardé d’en faire part à d’autres. Tandis que l’hibou semblait chercher à malmener le cheval, Aidan s’était adossé au rocher pour observer la scène, pas vraiment sur ses gardes puisqu’il ne semblait pas être le centre d’intérêt des deux compères. Le petit manège était amusant, d’une certaine manière, un petit spectacle qui aurait surement fait rire un enfant, à ne pas en douter. L’équidé semblait être une vraie tête de mule, du moins, si l’on considérait les efforts répétés de son compagnon ailé pour, à vue de nez, essayer de le faire bouger, ou peut-être essayait-il seulement de l’embêter ? Difficile à dire lorsqu’aucun des deux participants n’était doué de la parole et se contentait d’hululer ou de souffler des naseaux. Quoiqu’il en fut, le manège cessa finalement et, apparemment, le hibou se trouva une nouvelle occupation venant chiper en toute impunité le petit carnet du Barde que ce dernier avait laissé sur le rocher. « Hé ! » Trop lent, le Djinn ne put qu’observer l’animal s’éloigner, livre au bec, avant de se poser un peu plus loin. Essayant de récupérer son bien, Aidan resta toutefois stupéfait devant le comportement du hibou. Lisait-il les pages ? Cette histoire devenait de plus en plus sidérante. Rêvait-il ? S’était-il endormi sur ce rocher et son imagination lui jouait-elle des tours ? Il resta quoi devant le hululement de l’oiseau qui lui rapporta le carnet avant de retourner vers le cheval, apparemment toujours décidé à lui faire faire quelque chose.

C’était probablement sans compter sur le caractère de l’animal qui préféra se rouler dans l’herbe de la berge. Avec toute cette agitation, Aquilon avait ouvert les yeux et observait la scène sans bouger d’un iota. Le barde, quand à lui, rangeait son petit carnet dans une proche intérieure de sa tunique de cuir avant de retourner la tête vers le hibou qui s’était posé non loin de lui et sembla effrayé quelques instants. Quelque chose ne tournait vraiment pas rond par ici. Son attention détournée quelques instants par le cheval qui s’était relevé pour se désaltérer de l’eau fraiche du lac, Aidan reporta à nouveau son attention vers le hibou. Les yeux perçants de l’animal n’aidaient pas le Djinn à ne pas se sentir épié. Cette étrange sensation était pourtant stupide, ce n’était qu’un oiseau ! Un peu bizarre, il fallait le lui accorder, mais tout de même, il n’y avait aucune raison pour que cela soit autre chose, si ? Soupirant doucement, il secoua lentement la tête. « Aidan, mon vieux, tu commences à perdre la boule… » Puis, sans un mot de plus, il se réinstalla sur le rocher, jetant un regard à Aquilon après avoir jeté un œil vers le soleil qui continuait sa course, imperturbable. « Remarque, ça pourrait faire une bonne histoire ça… Un cheval, un hibou… On rajoute un Ocelot ? » Dans un sourire, il n’attendit pas l’absence de réponse de son compagnon félin pour jeter un dernière regard au hibou avant de se replonger dans son petit carnet, achevant ce qu’il avait commencé un peu plus tôt. Ils avaient déjà suffisamment trainés par ici et il était bientôt temps de reprendre la route, aussi agréable et enchanteur que pouvait être ce lieu. Chassant toutes les idées loufoques qui lui titillait l’esprit, il se remit à écrire.

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